dimanche 18 mai 2008

Je m'en irai...


Si le cœur t’en dit,
Tu peux m’apprivoiser.
Ce soir je suis jolie,
Et j’attends ton baiser.

Je veux te faire voir,
Tous mes espoirs.
Mon paradis est le tien,
Si tu le veux bien.

Il paraitra étrange,
Car tout s’y mélange.
Tu vas avoir peur,
De ce qui fait mon bonheur.

Silence et mélancolie,
C’est moi et mes envies.
Dis-moi les tiennes ce soir,
Je veux tout savoir.

Nuit belle et étoilée,
J’attends les touchers.
C’est maintenant ou jamais,
Car demain je m’en irai…

Poète des Nuits


Passants ingrats et rodeurs sans figure,
Il est à sa fenêtre et des nuits vous guettant,
Armé de patience et de vers tranchants,
Ses yeux vous taillent une âme sur mesure.

L’encrier se vide et la plume se tache,
Son visage esquisse un sourire lâche,
Mais heureux est-il, de vous voir si triste,
Sa poésie est le fruit d’une vie pessimiste.

Le soir, il s’éveille. Vous regarde et médite,
A la claire de lune, sa plume mortelle vous irrite,
Une pensée de travers et toute fuite est interdite.

Son Amour est une vieillesse, et voici les rides.
Poète pitoyable et solitaire, égoïste perfide,
Son cœur de pierre a épousé son esprit avide.

Lac des Merveilles


C’est un lac des merveilles avec un soleil noir,
Paysage sans visage, une âme blasphématoire,
Fenêtre d’une autre vie, reflet des émois fabuleux,
Une beauté rare qui s’éteindra sur un passé honteux.

Il serait éblouissant aux regards des vagabonds,
Incroyable et fantastique aux yeux furibonds,
Mais ce lac aux milles peurs mortels et silencieux,
N’offrent rien aux passants et inconnus vaniteux,

Car son ventre énorme recèle des poisons précieux,
Un cercueil ouvert, des cailloux, des cheveux,
Et un spectacle d’oiseaux morts aux yeux bleus.

C’est un théâtre d’horreur pour les êtres vivants,
Un enfer sale et moisi pour les clochards errants,
Seuls les morts ont une place dans un tel tourment.

lundi 5 mai 2008

Rose des Vents


Petite rose toute morose…
Je ne t’ai jamais parlé,
A peine effleurée.
Aucun mot de ta corolle,
J’ai avalé ton silence.
Dépourvu de belles paroles,
Je t’ai laissée en décadence.

Petite rose toute morose...
Tes jolis yeux brillants
Font couler des larmes de verres.
J’aimerai te consoler,
Te prendre dans mes bras
Et t’embrasser.

Qui es-tu pour pleurer ?
Qui es-tu pour que je t’aime ?

Ton parfum dans le vent,
En tous sens,
Parcourant sauvagement
De longues distances,
M’a fait voyager
Dans un monde étranger.

Petite rose toute morose…
Je veux te suivre.
Indique-moi le chemin
Qui mène a toi,
Avant demain.
Car demain,
Seras-tu toujours la ?

Petite rose toute morose…

Vais-je au Sud ?
Dans le désert.

Comme ton cœur
Si sec et solitaire.

Vais-je a l’Est ?
Dans les montagnes.

Ramasser les débris
De ton âme endurcie.

Vais-je a l’Ouest ?
Dans les plaines isolées.

Comme ton être
Que nul n’a touché.

Vais-je au Nord ?

Car tu es comme
La neige et la glace.

Mais qui es-tu
Pour que je t’aime ?
Je ne te connais pas.

Mais je veux te suivre.
Et si tu ne le veux pas,
Je suivrai ton parfum.

Souvenirs


On dirait qu’il va pleuvoir…
Le privilège des jonquilles
Est maintenant de se retirer,
Avec mes souvenirs particuliers.

« Je dois oublier
Tout ce qui s’est passé.
Oublier ce garçon,
Qui m’a tout volé. »

Ce garçon de Suisse,
Un passé supplémentaire.
J’espère la dernière esquisse,
D’un garçon involontaire.

« Je dois oublier
Ces lendemains de fêtes.
La vie continue.
La vie sans lui. »

Je m’ennuyais ce dimanche.
Pensant à lui.
En plein mélancolie des fanfares,
Des dernières heures de folies.

Mais je ne dois plus penser
A la place de l’Eglise.
Car je l’y ai rencontré.
Et tant contemplé...

« Tous les bonheurs
Sont provisoires,
Et ne doivent pas rester
En ma mémoire… »

Ce soir il pleut.
Mais je crois que je l’aime encore.
Ce soir il pleut.
Et je ferme les yeux.

« Il pleut.
Embrasse-moi.
Je t’aime encore.
Même s’il pleut...»

Autodestruction


Amant, d’une délicatesse évaporée,
Je te prie de me rendre mon toucher volé!
Tu m’as tout pris et tu ne m’as rien donné,
Tu as laissé tes yeux malsains me violer…

Notre jardin de fleurs a été piétiné,
J’ai trop rêvé et le revolver a mal tiré.
Mon art de séduire demeure invisible,
Et je tourne autour des poisons accessibles.

Tu m’as ignorée quand je voulais t’aimer.
Comme un méchant dans un conte de fée.
Tu es l’épine de rose qui a tué Raiponce,

Tu as creusé ma tombe et mis des ronces,
Mais moi je voulais encore me décorer,
Pour avoir été courageuse de t’avoir aimé…

Nouvelle Tombe dans mon Cimetière


Encore un mort cette année.

Encore un autre que j’ai du tuer.
Un par un, je vous avais aimés.
Mais vous, m’avez toujours détestée.

Vous n’aviez pas le savoir,
De votre véritable nature en moi.
Ma bouche d’un sang froid,
Aurait pu vous avertir.
Avant le dernier soupir.

Moi, ange mi démon,
Je voulais vous offrir,
Ame, corps et sourires,
En échange de votre Amour
Qui durerait toujours.

Vos êtres se décomposent.
Tout se fige,
A vos dernières poses.
Vous n’êtes plus que vestiges.

Je vous avais aimés !
Mais vous m’avez fait du mal.

Fraichement sous la terre,
Le dernier lien à mon cœur,
Repose attendri,
Voyant les premiers vers,
Le découvrir tout flétri.

« Je t'avais aimé...
Mais tu m'as oubliée. »

J’ai usé de mon art,
Tiré au pistolet,
Lancé un dernier baiser,
Pour enfin être à part.

Le silence funèbre se rit,
De la dernière balle tirée.
Car les rires que j’ai ordonnés,
Sont les calmants pour mon esprit.

Nulle résurrection.
Nuls regrets.
Mon passé ne m’aura pas.
Vous avez joué les fiers.
Maintenant c’est moi,
Qui crache sur vos terres.

Mon sourire est mortel,
Mon corps est acide,
Et mon âme est trop belle !

Mon regard est à éviter,
Si vous ne voulez pas,
Etre pourchassé,
Car je peux vous aimer,
A l’infini et tout entier.

« Mon âme est trop belle… »

Vos noms sur les pierres.
Mon cœur est loin d’être vide.
Adieu à vous, sous les terres,
Je m’en vais, avide.

« Je t’avais aimé.
Mais tu m’as oubliée… »

samedi 26 avril 2008

Amour d'une Déesse (écrit par Aphrodite et Atanane)


Une puissante larme coule encore,

Dans mon coeur d'hiver, sec et froid,

Cousue du fil glacial du remords

Comme une cicatrice indélébile en moi...

Une épée assassine rougie de ton souvenir
Ancrée dans mon flanc et ma rancoeur.
Mon regard au lointain, comme pour m'enfuir
Pour oublier les cendres de mon bonheur

Amour, je t’avais tant aimé et tu le savais...
Tu m’avais trahie, mon détestable Amour!
Ô ma tendre Haine, tu m’avais délaissée.
Malgré mon dévouement, promis pour toujours.

J'aspire désormais à l'oubli, au silence exquis,
Un horizon immaculé, pour m’envoler,
Toucher le Soleil létal de mon idéal aboli
De mon désespoir, me consumer, sans retour!

Telle était mon offrande, ô mon Amour acidulé!
Pour toi, j'avais sacrifié mon âme et mes sens.
Moi, ta déesse adorable, que tu disais aduler
Ta vestale par excellence, prostrée en décadence.

Je n'ai plus que mes ailes flétries, pour tenir
Et contempler mes monts sacrés profanés
Par un doux délire et pour me souvenir
Un tatouage de peine, châtiment d'une condamnée.

lundi 14 avril 2008

R + J


Une goutte de ton œil,
Pour boire un monde de travers.
Des paroles cousues de fils d’argent,
Voiles qui couvrent la vérité.
Sous le balcon de la Mort,
Un mot qui avale deux destins.
Etoiles d’une nuit vide de sens,
Dans tes yeux qui lentement se ferment.
Des lèvres douces pour le dernier adieu.

dimanche 13 avril 2008

Parano


Laisse-moi dans les pénombres de la tranquillité,
Seule face à moi même et mes délires criminels.
Avec mon œil je te vois et tu es une calamité,
Qui trouble mon sommeil inexistant et éternel.

Le silence me perturbe l’esprit toutes les nuits,
Me fait voir des créatures irréelles et perverties,
Mais c’est dans cette solitude qui me détruit,
Que je me comprends et sais qui je suis.

Mon ventre est une cage empoisonnée d’acides,
Mon corps est une demeure pour le morbide,
Ma tête une prison pour les pensées putrides ;

Si tu n’acceptes pas mon être qui te semble étrange
Laisse-moi dans les ténèbres, laisse-moi être un Ange,
Car mon œil t’a vu et tu es loin de recevoir des louanges.